QUAND LA CIGALE RENCONTRE ANTOINE ELIE

A La Cigale le 2 Mars dernier, le public se hâte. Ce soir-là, Antoine Elie se produit et c’est une date importante. Toutes les générations sont réunies, éparpillées entre la fosse et les deux balcons de la salle mythique située à Paris. 20h, la voix d’Antoine résonne dans la salle pour présenter celui qui fera sa première partie : Mathieu Saïkaly. Une fois l’introduction faite, c’est au tour des deux musiciens de la tête d’affiche d’apparaître sur scène pour finalement laisser entrer Antoine Elie sur L’amas d’chair. Baskets blanches, jean, tee-shirt noir et veste en cuir noire, Antoine Elie n’en fait pas trop et reste fidèle à lui-même et à son style rock/electro, assorti à sa voix cassée.

Dans la fosse, l’effusion a déjà débutée et les cris se font entendre. A peine le temps de digérer son arrivée, le chanteur enchaîne avec La boîte, l’occasion pour la fosse de se transformer peu à peu en piste de danse. En balcons, c’est plus calme mais les regards intrigués s’illuminent, quelques têtes commencent déjà à bouger et des mains se mettent à claquer. Impossible de résister !

L’ambiance se réchauffe au fur et à mesure des chansons. Accompagné par la suite de sa guitare acoustique Antoine se met à l’aise et entame Où aller et Clopes, sky-cola. Les têtes bougent toujours plus sur les sièges des balcons tandis que la fosse, elle, s’enflamme aux rythmes des instruments. Les premiers téléphones se lèvent, les commentaires se font entendre : « Il est bon ce petit ! » et les applaudissements deviennent peu à peu plus conséquents… ça y est la soirée est lancée.

Lonesome Pelo, l’un des 5 nouveaux titres de la réédition de l’album (Roi du silence, prélude) sortie en Janvier 2020 résonne ensuite avant que l’hôte de la soirée prenne quelques minutes pour saluer « les téméraires » et les remercier d’être venus malgré l’épidémie qui touche la France en ce moment. Certain(e)s ne peuvent s’empêcher de crier « Je t’aime ! », ce à quoi l’artiste répond

« je vous aime aussi, tous, individuellement ». Une petite parenthèse pleine d’amour qui met à l’aise Antoine Elie, qui parait quelque peu impressionné de se produire ce soir-là devant tant de monde et dans une salle aussi importante.

Les présentations sont désormais faites, il est maintenant temps de partager. C’est sur Aïe que le chanteur demande au public de suivre le mouvement et de chanter en cœur. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le public est en immersion dans l’univers d’Antoine Elie et certains entrent même en transe, dansant sur leur siège et imitant la batterie tout en secouant la tête.

Après la danse, le temps est venu pour Antoine de partager avec le public un hommage à sa grand-mère, diagnostiquée avec la maladie d’Alzheimer. Simplement accompagné de sa guitare et de son musicien à la basse, Antoine Elie émeut la foule avec Nous Liés puis reprend la célèbre chanson de Jacques Brel, Ne me quitte pas. Le silence laissé par la première chanson évolue en une chorale accompagnant l’artiste. Un vrai moment suspendu.

Après Nuit tranquille et une transition sur du Chopin, c’est Laura qu’entame le chanteur comme pour passer petit à petit de la mélancolie à la fête de nouveau. Reboosté par les longues acclamations intervenues à la fin de la chanson, durant lesquelles il est resté ému et sans voix, Antoine Elie continue le show avec Fou de reines, Je réponds pas, Le bad et Sous la mer. Une petite « chanson inédite » qui s’avère être ironique fait la transition vers Psylo, l’hymne électro pour lequel l’un des musiciens revêt un masque sous forme de tête de cheval.

Roi du silence et les petits mimes d’Antoine Elie laissent place à La rose et l’armure, certainement le titre le plus connu de l’album sur lequel « les plus couillus » chantent en cœur. La standing ovation à la fin de la chanson marque la fin imminente du concert. Après un court rappel, les trois copains réapparaissent pour jouer Paradis avant que les musiciens ne fassent leurs au revoirs. `

Antoine Elie est désormais seul avec sa guitare pour clôturer ce concert classé sous le signe de la fête et de l’émotion et c’est avec Depuis l’aube, une chanson qu’il ne joue que sur scène, qu’il clôture la présentation des chansons de son album. Enfin, en guise d’au revoir, le chanteur tente de jouer spontanément la chanson Ne m’oublie pas, tirée du dessin animé Coco, qu’il avoue ne pas avoir beaucoup répétée. Malgré le petit raté à la fin, le public est comblé et acclame l’artiste qui conclura la soirée sur une note joyeuse et humoristique.

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