Chanson heavy de la semaine : « Revenant » de Loathe

Heavy Song of the Week est un article sur Heavy Consequence qui présente les meilleurs morceaux de métal, de punk et de hard rock que vous devez entendre tous les vendredis. Cette semaine, nous mettons en avant le nouveau single « Revenant » de Loathe.


Le renouveau du nu-metal a été de bon augure, en grande partie pour trier les sons d'une scène qui était un peu plus difficile à vivre que ce que l'on entend parfois dire ces jours-ci et pour isoler ces moments de distillation pop de matériaux par ailleurs avant-gardistes. Les premières influences du genre provenant de groupes post-hardcore et de prog sauvage comme Mr. Bungle, du death metal précoce et de la musique urbaine et électronique sont refiltrées, soustrayant les éléments qui ressemblaient parfois presque à des parodies de leurs sources du premier coup pour arriver à quelque chose qui n'est pas seulement émotionnellement convaincant mais esthétiquement développé.

C'est une façon élégante de dire que le nouveau single de Loathe, « Revenant », ne satisfait pas seulement sur le plan du headbanging, mais aussi sur le plan artistique. Les synthés glacés contre les slams de guitare compressés, le travail de basse très nu-metal contre la voix hardcore métallique frénétique tout droit sorti de Converge, tout cela est révélateur d'un groupe qui est non seulement capable d'atteindre le mainstream mais aussi capable de conserver un côté astucieux. Les comparaisons avec les Deftones qu’ils reçoivent souvent ne sont pas sans raison. Comme ce groupe, ses indicatifs Loathe ont de plus grandes ambitions esthétiques que de simplement jouer devant des groupes massifs ou de faire de la musique artistique. Ils veulent et réussissent les deux.

Mentions honorables

Ancien, « Capturer/Libérer »

Regarder Elder se transformer au cours des 20 dernières années, passant d'un groupe de doom metal à un groupe de rock progressif et de heavy rock, a été délirant et enrichissant. Ce nouveau morceau de leur prochain album Jusqu'à zéro s'ouvre sur des claviers néo-prog comme sur une chanson d'IQ ou d'Arena sur fond de chant éthéré de Yes avant de se lancer dans un groove prog heavy absolument contagieux. Il évoque un sentiment similaire au classique de Deep Purple « Highway Star », le désir de conduire une voiture sur des autoroutes nocturnes aussi vite que possible, avec des lumières de toutes les couleurs, le bruit du vent, la vitesse.

Inferno, « Circulus Vitiosus Deus (L'Infini ravage tout) »

Inferno truck dans une sorte d’approche bouillonnante et tourbillonnante du black et du death metal, qui semble primordiale et écrasante. Ces riffs s'écrasent comme des vagues dans tout, depuis leur attaque et leur déclin jusqu'à la façon dont le sifflement de la distorsion atteint et se dissipe. C'est l'équivalent sonore d'être piégé dans une eau noire avec des étoiles au-dessus, l'ambiance parfaite pour un genre si motivé par son atmosphère et son imagisme. C'est progressif, mais à peu près de la même manière que l'était le début d'Opeth, en se concentrant davantage sur le fait d'être émouvant et très visuel plutôt que d'être voyant ou obtus.

Placebo, « Dame aux Fleurs VERSION RE:CRÉÉE »

Placebo, l'un des grands de tous les temps de cette première vague d'emo alors qu'elle a atteint son apogée dans le monde plus large du rock alternatif, aborde ce réenregistrement d'une manière moderne et rafraîchissante, en prenant note des praticiens actuels de matériel similaire comme l'incroyable Blackwater Holylight et en ajoutant une vague de lourdeur floue. Ce n'est pas vraiment du shoegaze, mais plutôt juste derrière cette ligne dans un espace que les Smashing Pumpkins auraient pu appeler chez eux. C'est le montant parfait. C'est comme tomber à nouveau amoureux.